Les Fake News sur internet

Les Fake News sur internet

Membre du Conseil national du numérique, Rahaf Harfoush est coauteur d’un rapport sur la circulation de la désinformation sur Internet. L’objectif de ce travail : restituer la dimension humaine du phénomène, trop souvent occultée.

Avec les tumultes de la vie politique américaine sous l’administration Trump, les tentatives pour déstabiliser l’élection de Joe Biden, la crise sanitaire du Covid-19, on n’a jamais autant parlé de désinformation que ces dernières années. Et la campagne pour l’élection présidentielle française de 2022 est déjà source de préoccupation en la matière. C’est dans ce contexte que le Conseil national du numérique (CNNum), organisme consultatif sur les questions relatives aux usages du numérique et d’Internet, a publié le 28 juin 2021 le rapport “Récits et contre récits, itinéraire des fausses informations en ligne”.

 

Odysee : la plateforme des complotistes français

Désinformations, fake news, propos conspirationnistes… À la différence de YouTube ou Facebook, rien n’est censuré sur Odysee. Conséquence : en moins d’un an, Odysee est devenue la plateforme des complotistes français.

En septembre 2020, Odysee est la plateforme qui a accueilli le film Hold-up après son bannissement de Vimeo ou le compte de Donald Trump après l’attaque du Capitole en janvier. Les complotistes ne s’y cachent pas. Au contraire, ils ont leur propre onglet : Ouest sauvage. Certaines de leurs vidéos affirment que « certaines campagnes de vaccination sont déguisées en campagne de stérilisation ».

 

Payés en cryptomonnaies

À l’origine d’Odysee, le libertarien américain Jeremy Kauffman. Partisan d’une liberté d’expression totale, il crée en 2016 un réseau de partage de fichiers décentralisés, qui sera la base du fonctionnement d’Odysee. Les vidéos postées sont dupliquées sur des serveurs, mais aussi sur les ordinateurs des utilisateurs, rendant l’impossibilité de supprimer les vidéos.

Autre caractéristique d’Odysee : pas de publicité ni d’annonceurs à satisfaire. Les vidéastes sont directement payés en cryptomonnaies par les utilisateurs. Résultat : aucun risque d’être démonétisé. La plateforme n’interdit pour l’heure que les vidéos pornographiques ou appelant à la violence, des vidéos qu’elle pourra seulement déréférencer, à défaut de pouvoir les supprimer.

 

Sur YouTube, harcèlement et fake news : que risque-t-on ?

De Trump aux groupes Facebook haineux “contre les roux”, la série “Vortex” décode en vingt minutes les rouages d’un corpus législatif.

Depuis l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux, la question de la modération des commentaires et des publications n’a de cesse de refaire surface et de titiller l’opinion. Dans ce nouvel épisode de la série Vortex, qui réunit dans une colocation la crème de la crème des vulgarisateurs de YouTube, Florence, de la chaîne Angle droit, décrypte comment sont punis les harceleurs ou les diffuseurs de fake news. Comment se fait-il que certains passent entre les mailles du filet ? Avec des exemples qui parlent à tous, la vidéaste s’interroge avec brio : une plateforme peut-elle faire justice elle-même ? Une démonstration solide et teintée d’humour qui dévie même sur le fameux effet Streisand, toujours aussi fascinant.

 

Fake News : Questions à se poser

Les fake news, en français fausse nouvelle, canard, ou information fallacieuse, ou encore le néologisme infox, sont des nouvelles mensongères diffusées dans le but de manipuler ou de tromper le public.

Fake News

Qui est l’auteur de l’information ?

L’auteur est souvent identifié au début ou à la fin d’un article, par son nom ou par ses initiales. Parfois, il n’est pas mentionné ou il écrit sous un pseudonyme ou pour un organisme. Il est important de déterminer la légitimité de l’auteur: est-il un expert ou non sur le sujet ? Certains sites proposent même d’accéder, via un lien hypertexte, à sa biographie et à l’ensemble de ses publications.

 

Quel est l’objectif de l’auteur ?

L’auteur peut relater des faits ou exprimer son opinion : ce n’est pas la même chose.

 

Quelle est la nature du site et de son éditeur ?

Un blog, un site institutionnel, un média en ligne, un réseau social, …, la nature d’un site est aussi diverse que variée et peut apprendre beaucoup sur la qualité d’une information. C’est aussi le cas pour l’éditeur du site qui peut être un média détenu par un groupe français ou étranger, un parti politique, une entreprise, une association, un particulier…

 

Quels sont les objectifs du site ?

Un site peut avoir pour objectif de vendre, d’informer, de militer, de convaincre, de manipuler, de faire peur ou encore de faire le buzz. En fonction de l’objectif du site, l’information n’a pas la même pertinence.

 

Comment se présente le site ?

La structure, l’ergonomie, la clarté de la langue, le type de publicités, …, la présentation d’un site est parfois révélateur de la crédibilité des informations qu’on y trouve.

D’où vient l’information ?

Les sources d’une information sont primordiales pour déterminer sa crédibilité. L’origine d’un chiffre ou d’une citation, quand elle est mentionnée, permet au lecteur de s’y référer directement. Certains sites proposent des liens hypertextes renvoyant vers les sites sources.

 

L’information a-t-elle été publiée sur d’autres sites ?

Il est important de comparer et de croiser les sources. Cela permet de voir si l’information est présente sur d’autres plateformes et de voir comment elle est traitée ailleurs.

 

De quand date l’information ?

Il est important de savoir à quel moment les faits relatés se sont produits. Par exemple, certaines fausses informations s’appuient sur des images prises dans des contextes et à des moments différents pour commenter un sujet d’actualité. Les légendes sous les images, la date de publication d’un article, les métadonnées sont susceptibles d’apporter de précieux renseignements.

 

L’information présente-t-elle des détails incohérents ?

Par exemple, lorsque l’image ne correspond pas à la légende qui l’accompagne, cela doit éveiller les soupçons sur la véracité de l’information.

 

Que disent les commentaires ?

Parce qu’ils soulignent parfois l’incohérence d’une information, les commentaires des internautes sont utiles pour jauger la crédibilité des informations avancées.

 

Gilles JEAN

Gilles est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif.