Pass sanitaire : changement lundi 30 Août 2021

Pass sanitaire : changement lundi 30 Août 2021

Lundi 30 août, tous les professionnels qui travaillent dans des lieux où le pass sanitaire est obligatoire pour le public, devront eux aussi en posséder un. La liste est très large. Quels sont les professionnels concernés et dans quels lieux précisément ?

Restauration, salle de sport, cinéma… Partout en France, des millions de salariés devront présenter un pass sanitaire dès lundi 30 août. À quelques jours de l’échéance, les équipes de TF1 ont effectué une visite dans une brasserie où le pass sera obligatoire pour tout le personnel. Le serveur contrôle des centaines de pass par jour, mais lui, n’en a toujours pas. En attendant sa 2e dose de vaccin prévue la semaine prochaine, il devra faire des tests toutes les 72 heures pour continuer à travailler. Cet employé est le seul dans ce cas. Tous les autres salariés du « Café A », en région parisienne, ont reçu leurs deux doses de vaccin. Un soulagement pour le gérant de l’établissement. « Dès qu’on a eu l’annonce de la mesure, on a demandé à tout notre personnel à se faire vacciner. On n’a pas eu de retour négatif. Tout le monde a envie de continuer de bosser », explique David Zenouda, dans le reportage en tête d’article.

Dans les commerces, il convient de distinguer deux cas de figure :

– Les commerces hors centres commerciaux : nul besoin de pass sanitaire pour les salariés. Il ne leur sera donc pas demandé par exemple chez l’opticien ou dans une librairie dont les boutiques donnent sur la rue.

– Les centres commerciaux : le sésame y sera obligatoire pour ceux qui travaillent dedans.

Le personnel des salles de sports et des cinémas devra lui aussi avoir un pass sanitaire. Enfin, certains livreurs et agents de maintenance susceptibles d’être en contact avec le public devront aussi en posséder un.

Dans les TGV et trains Intercités, les contrôleurs devront présenter ce justificatif tandis que les conducteurs, isolés dans leur cabine, pourraient en être exemptés.

 

« Forcer les gens à se vacciner ne peut pas être une solution »

« Pour nous le vaccin doit être une démarche volontaire. Forcer les gens a se vacciner ne peut pas être une solution. Ce n’est pas celle qu’on prône. C’est au gouvernement de convaincre » met avant la syndicaliste. Pour la CGT, « la crise sanitaire ne doit pas servir de prétexte à une nouvelle casse sociale et démocratique ».

Le rassemblement du jour était aussi l’occasion de reparler de la réforme de l’assurance-chômage reportée au mois d’octobre et de la réforme des retraites qui sera engagée « dès que les conditions sanitaires seront réunies » avait dit Emmanuel Macron en juillet.

 

Suspension du contrat de travail et du salaire

Vaccin, test PCR négatif ou preuve d’une contamination au Covid survenue dans les six mois : le pass sanitaire sera demandé à certains professionnels dès lundi. Si le salarié ne le possède pas, il peut voir avec son employeur pour se mettre en congé. Sinon, le contrat de travail peut être suspendu tout comme la rémunération, le temps de pouvoir présenter l’un des trois documents.

Au-delà de trois jours, l’employeur a l’obligation de convoquer le salarié à un entretien. Ce dernier peut être affecté à un poste qui n’est pas concerné par le pass sanitaire ou télétravailler… Dans la mesure du possible.

« L’employeur va se trouver confronté à des difficultés organisationnelles car il ne pourra pas forcément mettre le salarié sur un autre poste », s’inquiète Agnès Berthillot, la présidente de la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) de l’Ain. « Dans la restauration par exemple, vous allez avoir un salarié qui fait du service en salle, ça va être compliqué je pense de le réaffecter sur un poste de cuisinier », poursuit-elle.

« En plus d’être un casse-tête, il y a un tas d’interrogations qui se font jour et pour lesquelles on n’a pas de réponse », constate Agnès Berthillot.

« Il faudra être dans le dialogue pour éviter les conflits »

De son côté, la CGT regrette une mesure précipitée. « Les vacances se terminent à peine, même les gens qui voulaient se faire vacciner n’ont pas tous eu le temps de le faire. Une fois de plus, ce sont les salariés qui paient les pots cassés », explique Sophie Fernandez, salariée de la CPAM du Rhône et membre du bureau de la CGT du Rhône.

Opposé au pass sanitaire pour les professionnels, le syndicat encourage malgré tout la vaccination du plus grand nombre. L’une de ses revendications reste d’ailleurs la levée des brevets. « Au final, il y a le risque que ce soit un effet d’aubaine pour les employeurs qui veulent se débarrasser d’un salarié », ajoute enfin Sophie Fernandez.

Le discours n’est pas le même au MEDEF qui voit dans cette nouvelle mesure l’espoir de ne plus revivre de confinement. « Pour nous ce serait encore pire. Alors nous encourageons la vaccination, mais nous sommes également favorables au pass sanitaire car la situation l’exige », assure Jean-Luc Raunicher, le président du MEDEF en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Bien sûr, ce seront des complications pour les entreprises qui vont devoir nommer un référent, faire les contrôles… Suspendre la rémunération d’un salarié, ça pose question… Il faudra être dans le dialogue pour éviter les conflits », poursuit-il.

Pour l’heure, il n’est pas prévu que le pass sanitaire soit exigé pour les salariés qui travaillent dans des lieux inaccessibles au public, comme l’a indiqué Jean Castex. À compter du 30 août, les exceptions concerneront les professionnels de la livraison ou encore « les personnels effectuant des interventions d’urgence » comme des travaux ou des mesures de sauvetage.

 

Gilles JEAN

Gilles est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif.