Rentrée scolaire 2021 : quelles modalités ?

Rentrée scolaire 2021 : quelles modalités ?

Vaccination, aération des salles de classe, jauges… Avant la rentrée scolaire et universitaire, la question du protocole sanitaire se pose à nouveau alors que l’épidémie progresse. Si l’utilisation du passe sanitaire dans les établissements scolaires a été écartée par le premier ministre, des zones d’ombre persistent.

L’objectif affiché est de permettre aux ménages de supporter les coûts engendrés par la rentrée scolaire : le matériel, les activités extrascolaires, etc. Tous les ans, les sommes données et les plafonds sont revus par le gouvernement pour correspondre à la réalité du terrain. Voici tout ce que vous devez savoir pour cette rentrée scolaire 2021.

 

Des allocations rentrée scolaire en baisse

En 2020, le gouvernement avait revu à la hausse l’allocation de rentrée scolaire pour permettre aux familles victimes de la crise sanitaire de préparer la rentrée sereinement. Cette année, on constate donc la fin de cette aide exceptionnelle. Ainsi, en 2021, les barèmes sont revenus à la normale avec une baisse de près de 100 euros par comparaison avec l’année précédente.

Ainsi, pour les enfants qui ont entre 6 et 10 ans, la somme maximale est de 370,31 euros. Pour les enfants au collège, 390,74 euros seront versés. Pour les moins de 18 ans, 404,28 euros vont être mis à la disposition des familles. Les élèves en apprentissage peuvent bénéficier de cette allocation s’ils ne dépassent pas un certain revenu.

 

Les plafonds de l’allocation rentrée scolaire

Pour pouvoir profiter de l’ARS, il faut remplir un certain nombre de conditions qui dépendent du nombre d’enfants à charge, des ressources fiscales du foyer et du niveau scolaire. Cette année, ce sont les revenus sur l’année 2019 disponibles sur l’avis d’imposition 2020 qui seront pris en compte pour le calcul de l’allocation.

Avec un enfant à charge, il ne faudra donc pas dépasser les 25 319€. Pour 2 enfants, il faut avoir des revenus inférieurs à 31 162€. Enfin, pour 3 enfants, seules les familles qui ont un revenu inférieur à 37 005€ pourront en profiter. Au-delà, on ajoute 5 843€ par enfant. Toutefois, le gouvernement fait preuve de tolérance. Si vous dépassez légèrement ces seuils, vous pouvez tout de même profiter d’une aide dégressive.

De même, seuls les enfants qui sont nés entre le 16 septembre 2003 et le 31 décembre 2015 pourront se voir octroyer cette aide de l’État. L’enfant peut aussi bien être inscrit dans le privé que dans le public. Les enfants qui sont scolarisés à domicile avec l’instruction en famille ne sont pas concernés. Le versement de l’ARS se fera aux alentours du 20 août comme chaque année. Les délais de versement peuvent dépendre de votre organisme bancaire.

Aucune démarche n’est à faire. Toutefois, si votre enfant approche de ses 18 ans, c’est-à-dire qu’il est né entre le 16 septembre 2003 et le 31 décembre 2005, vous devez renseigner sa situation à la rentrée auprès de la CAF. Un certificat de scolarité pourra vous être demandé lors d’un contrôle.

 

La nouveauté de cette année : le Pass’Sport

Depuis quelques mois, le gouvernement insiste sur l’importance du sport pour la jeunesse. Après un an de crise sanitaire et de confinements successifs qui ont empêché les activités sportives, il lance le « Pass’Sport ».

Les écoliers pourront donc profiter d’un chèque de 50€ pour s’inscrire à une association sportive à la rentrée. Les chèques seront directement envoyés aux familles éligibles à partir du mois de juillet 2021 sans qu’aucune démarche ne soit à réaliser. Ce chèque est cumulable avec l’ARS et les aides mises en place par les collectivités territoriales.

 

75 % des enseignants vaccinés ?

Le sujet de la rentrée scolaire et universitaire reste néanmoins « notre principal sujet de discussion et de préoccupation » confie un virologue travaillant au sein du Comité vaccin du gouvernement. « C’était hors de question que nous vérifiions les QR Code des parents enseignants ou élèves à l’entrée des établissements. Nous ne sommes pas en capacité de le faire et nous nous acheminerions tout droit vers des conflits », note Guislaine David, à la tête du SNUipp-Fsu, principal syndicat d’enseignants du primaire, rappelant qu’une partie des parents, l’an dernier, étaient par exemple opposés au port du masque pour leurs enfants.

Elle ne veut pas non plus entendre parler d’une obligation vaccinale pour les enseignants. « Ce serait paradoxal alors que nous n’avons jamais été véritablement prioritaires depuis l’ouverture de la vaccination. Cette obligation serait « contre-productive » », estime-t-elle, considérant qu’il faut avant tout « convaincre » les récalcitrants.

Pour le moment, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, assure, sur la base de remontées académiques, que 70 à 75 % des enseignants seraient aujourd’hui vaccinés, un chiffre parcellaire même si Jean Castex le juge « satisfaisant ». En septembre, « nous allons mettre le paquet dans les collèges et dans les lycées pour vacciner, a assuré le Premier ministre. Nous allons faire des vaccinations dans les collèges et dans les lycées à la rentrée et à cette occasion, nous proposerons aux professeurs qui n’ont pas encore été vaccinés de profiter de ce dispositif ».

Vaccination

La vaccination insuffisante

Guislaine David réclame le maintien des gestes-barrières et la fermeture des classes dès qu’un cas de Covid-19 est avéré. Selon elle, « la vaccination à elle seule ne suffira pas à protéger nos collègues ». D’autant plus, rappelle la syndicaliste, que les enfants de moins de douze ans n’ont pas accès au vaccin.

Pour le représentant de la Peep, deuxième fédération de parents d’élèves de l’enseignement public, « très inquiet au sujet de la rentrée scolaire », « la seule solution, c’est évidemment la vaccination », soutient Hubert Salaün. « Si en septembre, 30 à 40 % des adolescents ne sont toujours pas vaccinés, que va-t-on faire ? se demande-t-il. Et à l’inverse, si dans un collège ou un lycée, sept ou huit adolescents non vaccinés tombent malades et obligent les autres, vaccinés, à se confiner à la maison, cela deviendra vite intolérable pour ces derniers. Même problème pour les enseignants : 5 ou 10 % de profs non vaccinés et contaminés suffiront pour fermer plusieurs classes et perturber tout un lycée. Ce sera inacceptable ».

 

Question en suspens

Stéphane Crochet du SE-Unsa se veut plutôt rassurant sur ce point. « Je n’imagine pas un système d’enseignement hybride en collèges et lycées, explique-t-il. Et n’imagine pas non plus que les élèves vaccinés soient renvoyés chez eux parce qu’un de leur camarade est positif. La question est beaucoup plus délicate pour les écoliers car les écoles seront le dernier espace de circulation épidémique dans le pays ».

Rodrigo Arenas, lui, demande un « débat parlementaire sur l’obligation vaccinale » et déclare : « Il est hors de question que nos enfants n’aient pas d’enseignants face à eux à la rentrée ou qu’on nous impose à nouveau l’enseignement à distance qui ne fonctionne pas ». Et de rappeler que selon une étude de l’Observatoire national de la santé (Onaps), réalisée en 2019 et 2020, « après le confinement, les enfants de CE2 ont perdu 20 % de leurs capacités physiques et 40 % de leurs fonctions cognitives ».

Si Jean-Michel Blanquer se félicite toujours que la France soit le seul pays à n’avoir fermé que douze semaines depuis le début de la crise sanitaire, le nouveau protocole pour la rentrée n’est toujours pas publié. « Nous espérons toujours une publication avant fin juillet mais il reste des détails à régler en interministériel », explique-t-on rue de Grenelle.

 

Marc ALEXANDRE

C’est un ancien journaliste de presse nationale et internationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités générales. Marc Alexandre est un expert des questions internationales.