Reporter sans frontières

Reporter sans frontières

Reporters sans frontières (RSF) est une organisation non gouvernementale internationale fondée en 1985, reconnue d’utilité publique en France et présente en 2020 dans 14 pays. Elle se donne pour objectif la défense de la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes. L’association reçoit en 2005 le prix Sakharov du Parlement européen. En 2020, elle traverse une crise liée à sa proximité avec le gouvernement français, dont les projets de lois sont considérés par beaucoup de journalistes comme des entraves à la liberté d’informer.

 

Les objectifs

Fondée à Montpellier en 1985 par quatre journalistes (Robert Ménard, Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau), sa devise est : « Sans une presse libre, aucun combat ne peut être entendu ». Dans ses communiqués de presse et publications, RSF se définit ainsi : « Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c’est-à-dire le droit d’informer et d’être informé, conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. »

À sa fondation, RSF se destine à sensibiliser l’opinion sur la situation des pays du tiers monde touchés par des tragédies (famines, guerres, catastrophes naturelles), Robert Ménard réagissant à une interpellation de Rony Brauman à ce sujet : jusqu’en 1988, RSF finance ainsi des reportages sur des situations oubliées du grand public après avoir fait l’actualité2. En parallèle, Robert Ménard fonde une autre association, baptisée l’Observatoire de l’information, pour travailler sur la liberté de l’information2. Mi-1989, RSF cesse ses reportages, l’Observatoire de l’information perd son nom, et RSF mobilise ses ressources dans la défense de la liberté d’expression.

Les fonctions

L’association comporte un Conseil émérite et un Conseil d’administration.

RSF est une communauté d’organisations déclarant souhaiter agir conjointement avec de larges intérêts communs mais de façon globalement indépendante.

En 2014, Reporters sans frontières compte neuf sections nationales en Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Suède et Suisse), des représentations en Asie (Bangkok, Istanbul, Tokyo), en Amérique (Montréal, Washington), ainsi que plus de cent vingt correspondants dans le monde.

RSF est membre de l’International Freedom of Expression Exchange (IFEX), un réseau mondial d’ONG censées surveiller les violations de la liberté d’expression. Ce réseau organise, fédère ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et autres personnes persécutées alors qu’elles exercent leur droit à la liberté d’expression. Nombre de rapports de RSF contiennent ou sont fondés sur des éléments collectés via ce réseau.

RSF participe également à la plate-forme de l’Union européenne de protection des défenseurs des droits de l’homme.

L’association estime conserver son indépendance grâce aux bureaux internationaux qui peuvent publiquement faire leur propre analyse indépendamment des pressions que pourraient subir les représentants de RSF ou d’autres organisations membres de l’IFEX dans un pays donné ; RSF bénéficie du soutien de représentants de la presse dans de nombreux pays du monde, non exposés aux mêmes pressions inévitables localement.

En 2006, plus de la moitié (58 %) de son financement officiel vient de la vente de livres, de calendriers et autres enchères au profit de RSF. À cela s’ajoutent les dons et cotisations des membres (9 %), le mécénat par des institutions privées (24 %) comme la fondation du milliardaire George Soros, le Center for a Free Cuba, le National Endowment for Democracy créé sous le gouvernement Ronald Reagan lors de l’opération « White propaganda » (propagande blanche)6, la Fondation Ford ou encore la Fondation de France et enfin d’institutions publiques françaises (9 %) comme le bureau du premier ministre, le Ministère des Affaires étrangères ou encore l’Organisation internationale de la francophonie.

L’ancien rédacteur en chef du journal La Croix, Dominique Gerbaud, a été le président de RSF de 2009 à 20139. D’octobre 2008 à janvier 2012, son secrétaire général était Jean-François Julliard, qui avait succédé à Robert Ménard. Depuis mai 2012, son secrétaire général est Christophe Deloire. Le 9 juillet 2013, Alain Le Gouguec, journaliste à France Inter, prend la présidence de l’organisation. Le 25 juin 2015, il est remplacé par Éric Chol (Courrier international ). Le 27 juin 2017, Pierre Haski (cofondateur de Rue89, journaliste à L’Obs), lui succède à la présidence.

 

RSF

La liberté d’expression et d’information est la première des libertés. Comment lutter contre le massacre des civils, le fléau des enfants soldats et défendre les droits des femmes, comment préserver notre environnement si les journalistes ne sont pas libres de rapporter les faits, de dénoncer des abus et d’interpeller la conscience générale ?

Dans certains pays, les tortionnaires cessent leur triste besogne le jour où la presse les dénonce. Ailleurs, ce sont les hommes politiques corrompus qui abandonnent leurs pratiques illicites lorsque les journalistes d’investigation publient des informations compromettantes.

La liberté d’information Découvrir toutes nos publications est le fondement de toute démocratie. Pourtant, près de la moitié de la population mondiale n’a toujours pas accès à une information libre.

 

Une organisation internationale

Création de Reporters sans frontières

d’un statut consultatif auprès de l’Organisation des Nations unies, de l’Unesco, du Conseil de l’Europe et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), RSF est une organisation indépendante basée à Paris. Ses sections à l’étranger, ses bureaux dans dix villes, dont Bruxelles, Washington DC, Berlin, Tunis, Rio, Stockholm, et son réseau de correspondants dans 130 pays lui confèrent une forte capacité de mobilisation et d’interpellation, ainsi qu’une influence sur le terrain comme dans les ministères et les enceintes où sont rédigées les normes sur la presse et Internet.

 

30 ans de combat pour la défense de la liberté de l’information

1985 à Montpellier par quatre journalistes, l’association est devenue une organisation leader dans le monde pour la défense et la promotion de la liberté de l’information. Reconnue d’utilité publique en France depuis 1995, l’organisation s’est illustrée tant lors des JO de Pékin en 2008, qu’en Afrique, où elle a par exemple soutenu l’établissement en 2009 de la seule radio indépendante à destination des Erythréens, radio Erena. RSF s’est également illustrée en Haïti, où elle a créé un centre d’appui aux médias après le séisme de janvier 2010, ou, plus récemment, en Syrie, où elle a dispensé des formations pour des journalistes et bloggeurs.

 

Des publications quotidiennes et multilingues

Prix DemokratiePreis de la ville de Bonn

en français, en anglais, en espagnol, en arabe et en farsi, et souvent dans d’autres langues (chinois, portugais, russe, etc.), l’organisation publie des rapports et communiqués sur la situation de la liberté de l’information dans le monde et les atteintes à celle-ci. Les campagnes de communication font le tour de la planète. Les interventions dans la presse internationale sensibilisent le grand public et influencent les dirigeants sur des cas particuliers et des thèmes transversaux.

 

Une reconnaissance mondiale

Prix de l’Association Internationale des clubs de la presse

DemokratiePreis de la ville de Bonn (2014), Prix de l’Association Internationale des clubs de la presse (2013), Médaille Charlemagne pour les médias européens (2009), Emmy Award de l’Académie américaine des arts et des sciences de la télévision (2006), Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement européen (2005), Prix OSCE « Journalisme et Démocratie » (1997), Prix Lorenzo Natali de la Commission européenne (1992).

 

Une méthode tournée vers l’efficacité

Les recommandations de RSF Des soutiens pour la liberté d’expression sont suivies par de nombreuses institutions et l’association a développé des indicateurs pour évaluer l’impact de son travail. Au cours des dernières années, elle a enregistré une forte augmentation des réactions des gouvernements à la publication du Classement mondial de la liberté de la presse.

 

 

 

 

 

Théo GAILLAC

Théo est étudiant en journaliste dans une grande école. Il est spécialisé dans les informations locales. Théo permet d’apporter une information au plus près de nos lecteurs.