Tourisme en montagne en hausse

Tourisme en montagne en hausse

Casquettes, lunettes de soleil et masques anti-Covid, ils sont plus d’une centaine à patienter sous un soleil éclatant enfin retrouvé, devant la gare du Montenvers, pour prendre le train qui les montera jusqu’au belvédère sur la Mer de glace. «Notre première vraie journée, la plus belle de l’été jusqu’ici. Nous allons avoir 3 000 passagers et enfin faire tourner tous nos trains. Jusque-là ça a été compliqué, on reste très loin des standards de juillet», soupire Eric Dunand, chef d’exploitation.

Antoine Burnet, directeur marketing de la Compagnie du Mont-Blanc qui exploite toutes les remontées de la vallée, dont le célèbre téléphérique de l’aiguille du Midi, détaille : «Sur juin à mi-juillet, nous avons une fréquentation en recul par rapport à la relance de l’an dernier. La clientèle de groupes, internationale et nationale, n’est pas là. Si les individuels sont au rendez-vous, ils sont néanmoins moins nombreux, avec un phénomène météo défavorable qui n’a rien arrangé. Et pour la suite, nous avons un risque de voir les non-vaccinés renoncer à leur visite…», le pass sanitaire devenant obligatoire dans de nombreux lieux à compter de ce mercredi puis de manière plus restrictive début août. Les remontées mécaniques ne sont cependant pas concernées cet été.

 

«La clientèle étrangère reste absente»

A l’hôtel trois étoiles de l’Arve, Emilie Poirot, la directrice, confirme : «Ce n’est pas un été classique, c’est plus calme et nous avons moins de réservations. Les étrangers en particulier annulent au fur et à mesure, nous accueillons bien moins de groupes venus pour le tour du Mont-Blanc par exemple.» L’hôtelière relativise : si son établissement n’est pas, comme d’ordinaire, complet à cette période, il est tout de même occupé au 4 /5e : «Nous n’avons pas à nous plaindre, nous travaillons correctement… Mais nous sommes face à une vraie incertitude.»

Début juillet, le taux d’occupation atteignait le niveau de l’an dernier, après de bons chiffres fin juin (près de 50% de taux d’occupation, détaille le directeur de l’Office du tourisme de la vallée de Chamonix, Nicolas Durochat, prudemment optimiste. «Pour l’instant les prévisions sur août sont prometteuses. La montagne reste une valeur refuge !» Il nuance cependant : «Nous sommes très loin d’un retour à la normale d’avant Covid, nous restons soucieux. L’effet Covid accentue encore les décisions de dernière minute, la clientèle étrangère reste absente, les visiteurs nationaux dépensent moins et font sans doute moins travailler les opérateurs sportifs de montagne… L’ensemble de notre modèle économique est déstabilisé.»

 

Aux Sybelles en Maurienne on accueille de nouveaux touristes 

Dans la station du Corbier, les vacanciers sont arrivés dès le début du mois de juillet. Dans la résidence touristique MMV « Club l’étoile des Sybelles», c’est une nouvelle clientèle qui a posé ses valises. « Ce sont des personnes qui viennent chercher le grand air, de nouvelles sensations. Elles réalisent qu’en montagne aussi on prend de belles couleurs, on bronze et il a de très nombreuses activité à faire en famille » détaille Maud Chavanet, la directrice de cette résidence.

Cette année on remplace la Côte d’Azur par les Alpes – Sarah, une vacancière. Sarah habite la région parisienne avec sa famille. C’est son premier séjour en montagne l’été. « Nous avons choisi la résidence touristique, comme ça nous sommes indépendant dans notre appartement pour les repas, par rapport au covid notamment. Et puis les clubs enfants et ado permettent à chacun de profiter d’activités différentes ».

Tourisme en montagne

Le Sénat vote un dispositif de soutien au tourisme de montagne

Feu vert malgré quelques réticences. Le Sénat, dominé par l’opposition de droite, a validé mardi 13 juillet un dispositif proposé par le gouvernement pour « soutenir l’activité touristique en zone de montagne », en facilitant le maintien des meublés de tourisme. Cette disposition a été « négociée avec tous les acteurs de la montagne », a souligné la ministre de la Cohésion du territoire Jacqueline Gourault. Elle a été adoptée dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi 3Ds (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification).

Il s’agit, a expliqué la ministre, de lutter contre « le véritable fléau » que représente la disparition des logements en location touristique dans les stations de montagne. Un phénomène encore accentué par la saison sans remontées mécaniques, du fait de l’épidémie de Covid-19.

Les meublés des résidences de tourisme en montagne sont en effet, en général, la propriété de particuliers qui les mettent en location via des exploitants professionnels. Lors de leur mise en vente, les exploitants bénéficient d’un droit de priorité pour leur acquisition, mais n’ont très souvent pas les moyens de l’exercer. Le bien est alors vendu à un particulier qui ne le mettra plus en location. On parle alors de « lits froids » pour désigner des logements rarement occupés par leur propriétaire et non loués. Selon le gouvernement, l’érosion du parc de « lits chauds » se situe « entre 1% et 3% » chaque année.

 

Quelques bémols

Le dispositif voté propose de transférer le droit de priorité à des organismes spécifiques agréés par l’Etat. Ceux-ci s’engageraient à ce que le bien soit exploité comme résidence de tourisme pendant au moins neuf ans.

La rapporteure Dominique Estrosi Sassone (LR) avait dans un premier temps donné un avis défavorable à l’amendement du gouvernement, estimant qu’il posait « un certain nombre de questions ». Elle s’est finalement rangée aux arguments de la ministre qui s’est engagée à associer le Sénat à l’évolution de sa rédaction dans la suite de la navette parlementaire. Le sénateur de la Savoie Cédric Vial (ratt. LR) s’est dit « très favorable » à la solution proposée par le gouvernement, même si « elle mérite d’être encadrée ».

Le Sénat a par ailleurs voté à l’unanimité un autre amendement du gouvernement visant à permettre l’acquisition par les collectivités des biens abandonnés (« biens sans maîtres ») au bout de 10 ans au lieu de 30. Cette mesure va s’appliquer dans les zones de revitalisation rurale, englobant 14 900 communes, et dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. La chambre des territoires poursuivra jeudi l’examen du projet de loi 3Ds, débuté le 7 juillet.

 

Gilles JEAN

Gilles est un bénévole qui n’a pas d’expérience en matière de journalisme, mais il a une grande envie d’apprendre. Il nous apporte son dynamisme et son expérience dans le monde associatif.