TotalEnergies,contrat en Irak de plusieurs milliards de dollars

TotalEnergies,contrat en Irak de plusieurs milliards de dollars

Ce méga-contrat a une valeur totale de « 27 milliards de dollars », a indiqué Ihssan Ismaïl lors d’une conférence de presse à l’issue de la cérémonie de signature à Bagdad avec le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Soit près de 23 millions d’euros.

L’Irak dispose d’immenses réserves de pétrole et de gaz. C’est le deuxième pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), mais il est confronté à une crise énergétique aiguë et connaît d’incessantes coupures d’électricité qui alimentent le mécontentement social. Les responsables irakiens tentent de justifier le manque d’investissements et la vétusté du réseau par la baisse des cours du pétrole, qui représente plus de 90% des revenus du pays.

L’Irak est donc ultra-dépendant de son voisin iranien qui lui fournit un tiers de ses besoins en gaz et en électricité. Une dépendance qui sale la note: Bagdad doit six milliards de dollars d’impayés à Téhéran pour sa fourniture d’énergie. Le contrat signé avec TotalEnergies porte sur quatre projets, a indiqué une source au ministère irakien du Pétrole avant la signature du contrat dimanche.

L’un vise à acheminer de l’eau de mer du Golfe vers les champs pétroliers du sud de l’Irak. L’eau est utilisée pour extraire le pétrole enfoui dans les sous-sols. Deux autres projets concernent l’extraction et l’exploitation du gaz dans les gisements méridionaux de l’Irak qui regorgent d’énergies fossiles.

Enfin, le quatrième projet concerne la mise en place d’un champ de panneaux solaires à Artawi, près de Bassora (sud). A terme, les panneaux devraient produire « 1.000 mégawatts », a précisé cette source irakienne, soit l’équivalent de l’énergie dégagée par un réacteur nucléaire. « L’Irak ne paiera rien », selon elle.

L’ancien Total, l’une des cinq « supermajors » mondiales, vient de se renommer TotalEnergies pour symboliser sa diversification dans les énergies plus propres. Le groupe, toujours largement concentré sur le pétrole et le gaz, affiche son intention de consacrer cette année 20% de ses investissements de croissance à l’électricité et aux énergies renouvelables.

 

Un territoire stratégique

Dans le détail, une première salve de 10 milliards de dollars (8,4 milliards d’euros) sera destinée au développement des infrastructures, puis les 17 milliards (14,3 milliards d’euros) restants seront consacrés à leur exploitation. Les travaux devraient débuter dès la fin de l’année 2021, a précisé Patrick Pouyanné, qui s’est plusieurs fois rendu en Irak ces dernières années. La date de la signature du contrat n’a sûrement pas été choisie au hasard : elle intervient une semaine après que le président Emmanuel Macron s’est rendu sur place.

Ce pays du Moyen-Orient attise les convoitises de nombreuses puissances, notamment car il s’agit du second plus grand producteur de pétrole brut de l’OPEP, derrière l’Arabie saoudite. TotalEnergies a rapidement flairé le potentiel de l’Irak : l’entreprise y est présente depuis près d’un siècle. Le gouvernement local cherche aujourd’hui à diversifier ses sources de revenus, alors que le pétrole pèse toujours 90% de son PIB. Mais pour effectuer pleinement sa transition, et ainsi cesser d’être dépendant de l’électricité et du gaz que lui fournit son voisin l’Iran, il devra surmonter les défis sécuritaires et la corruption endémique.

Eau, gaz, panneaux solaires…

Le premier des quatre projets actés vise à acheminer de l’eau de mer du Golfe vers les champs pétroliers du sud. L’eau, denrée rare, est nécessaire pour extraire le pétrole enfoui dans les sous-sols. Et plus il faut extraire en profondeur, quand les hydrocarbures proches de la surface sont déjà exploités, plus il faut de l’eau, à dessaler. Un autre projet permettra de porter la production du champ pétrolier d’Artawi, dans le sud de l’Irak, de 85.000 barrils/jour à 210.000 b/j.

Un troisième prévoit la construction d’un complexe qui exploitera les gaz issus des gisements du secteur. Il s’agit notamment, plutôt que de « torcher » (brûler) le gaz excédentaire issus de ces champs, de le récupérer à des fins de production électrique. Cela permettra, selon les services du Premier ministre, de « réduire les importations de gaz ».

Enfin, le quatrième projet installera des panneaux solaires à Artawi, près de Bassorah (sud). A terme, ce site devrait atteindre une capacité de 1.000 mégawatts, l’équivalent d’un réacteur nucléaire, selon une source au ministère du Pétrole, qui ajoute: « L’Irak ne paiera rien ». L’énergie électrique produite par le solaire a un « coût inférieur de 45% par rapport au coût des centrales électriques traditionnelles », s’est félicité le gouvernement irakien.

 

Quatre projets, dont un champ de panneaux solaires

Le contrat signé avec TotalEnergies porte sur quatre projets, a indiqué une source au ministère irakien du Pétrole avant la signature du contrat dimanche. L’un vise à acheminer de l’eau de mer du Golfe vers les champs pétroliers du sud de l’Irak. L’eau est utilisée pour extraire le pétrole enfoui dans les sous-sols.

Deux autres projets concernent l’extraction et l’exploitation du gaz dans les gisements méridionaux de l’Irak qui regorgent d’énergies fossiles.

 

Eddy BILLON

Eddy est un retraité qui a travaillé dans des entreprises de communication à dimension internationale. Grâce à son expérience, il apporte un regard d’expert à nos communications et nos articles.