Troisième dose de vaccin COVID-19 : Quand ? Comment ?

Troisième dose de vaccin COVID-19 : Quand ? Comment ?

Cette décision dépend encore d’un avis de la Haute autorité de santé. Le ministre de la Santé a indiqué que la troisième dose ne sera pas une obligation mais « une incitation forte ».

Emmanuel Macron l’avait évoquée lors de son allocution du mois de juillet, Olivier Véran est venue la préciser : la troisième injection du vaccin est bel et bien en marche et devrait être proposée « début septembre », sous réserve de l’avis de la Haute autorité de santé, a annoncé le ministre de la Santé sur BFMTV, lundi 23 août.

« La troisième dose c’est de se dire qu’une fois que vous avez eu deux doses, vous êtes protégés, a expliqué Olivier Véran.

Mais la protection conférée par le vaccin peut diminuer au fil du temps, au fil des mois. Il faut proposer une troisième injection à celles et ceux qui sont les plus fragiles. »

Si l’avis de la HAS devra préciser quels sont ces publics, le ministre en a esquissé des contours assez précis. « Je postule qu’elle nous dira probablement de faire une troisième injection chez toutes les personnes âgées de 65 ans et plus. »

Devraient aussi être concernées, les personnes plus jeunes « atteintes de maladies chroniques et qui sont très fragiles ». D’une manière générale, cet appel à se faire injecter une troisième dose du vaccin devrait concerner « les personnes traditionnellement appelées à se faire vacciner contre la grippe ».

 

Le pic de la 4e vague atteint « dans quelques jours » ?

Olivier Véran a rappelé que la 4e vague avait commencé dès juillet, principalement portée par le variant Delta : « Nous sommes à 20 000 contaminations par jour », a rappelé le ministre.

Une situation qui, selon lui, n’aurait pas été gérable sans la campagne de vaccination, les tests, le suivi des personnes contaminées et le passe sanitaire : « Si nous n’avions pas les armes que nous avons aujourd’hui, cette vague aurait eu un impact terrible au cœur de l’été. »

Qu’en est-il du pic ? « En l’état actuel des choses, on pourrait l’avoir atteint dans quelques jours », avance Olivier Véran à partir des données de l’institut Pasteur. Cette perspective permettrait de voir la situation des hôpitaux se stabiliser.

Mais il a tenu à mettre « un bémol en raison de la rentrée scolaire à venir » et a demandé aux Français de « faire gaffe » dans les jours à venir.

 

Un calendrier encore flou

Sur le calendrier, les annonces sont encore contradictoires. Olivier Véran a indiqué lundi que le gouvernement souhaitait démarrer la campagne de rappel dès début septembre. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait précédemment évoqué la mi-septembre, avec ouverture des rendez-vous fin août-début septembre. Alain Fischer s’est lui déclaré favorable à un couplage avec la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, prévue à partir du 23 octobre.

«Il y aurait forcément un délai d’au moins six mois entre la deuxième injection et la troisième injection», a rappelé le ministre de la Santé, ajoutant que cette troisième dose ne ferait pas l’objet d’une obligation mais d’une «incitation forte». L’avis de la HAS, attendu dans les prochains jours, devrait permettre d’y voir encore plus clair. Le plan d’action proposé par l’instance sera ensuite discuté en conseil de défense sanitaire, avant d’être officiellement annoncé en détail par le gouvernement.

 

50 millions de vaccinés

« Le virus et le variant Delta nous débordent dans les régions où la vaccination est insuffisante », a indiqué le ministre de la Santé. Il a tenu a rappelé qu’il avait été, avec le reste du gouvernement, « raillé » au moment du lancement de la campagne de vaccination, alors qu’il peut aujourd’hui dire que la France fait partie des pays qui ont le plus vaccinés : « Nous sommes dans les meilleurs au monde. Nous allons dépasser les Anglais en termes de vaccination. »

Ainsi, au 22 août, 70,4 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 61,2 % disposent du schéma complet. Olivier Véran s’engage toujours à ce que 50 millions de Français soient vaccinés avant la fin du mois d’août, bien qu’il ajoute une petite marge possible jusqu’aux tous premiers jours de septembre.

 

Vers une 3e dose pour les plus de 65 ans

« La Haute autorité de Santé va bientôt nous informer sur la 3e dose » de vaccin contre le Covid-19, a rappelé Olivier Véran qui a annoncé qu’il y avait de grandes chances qu’elle préconise une « 3e injection chez les personnes de plus de 65 ans et les plus fragiles », comme pour « la grippe saisonnière ». Il prépare ses services à cette éventualité pour que les premières injections puissent commencer en septembre.

Mais il a indiqué qu’il n’y avait pas d’urgence : « Il y aura un délai d’au moins six mois entre la deuxième et la troisième injection. » Elle sera gratuite et prise en charge par la sécurité sociale comme pour les premières.

 

« J’ai l’impression qu’on nous expliquera comment il fallait faire »

Le ministre de la Santé a par exemple regretté que Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse «s’expriment en ce moment sur la chasse ou sur les animaux mécaniques dans le pays nantais». «J’attendrais de la part de vrais responsables politiques un discours peut-être un peu plus incisif sur la situation sanitaire et sur les recommandations avec des appels à la vaccination», a-t-il plaidé.

Pour lui, les personnalités politiques en campagne pour la présidentielle devraient avoir un discours «fort sur ce qui concerne 60 millions de nos concitoyens depuis des mois». «J’ai l’impression qu’on nous expliquera comment il fallait faire», a-t-il par ailleurs regretté.

Covid-19: toujours plus de 2.000 patients en réanimation, pic en vue

Avec 235 personnes placées en réanimation ces dernières 24 heures (103 dimanche, 165 samedi), les services de soins critiques accueillent lundi 2.215 patients (2.128 dimanche, 2.106 samedi). Cet indicateur, scruté de près par les autorités sanitaires, était passé sous la barre des 1.000 patients le 7 juillet.

« Ce que nous dit l’Institut Pasteur, (c’est que) nous pourrions avoir atteint le pic de réanimation dans quelques jours et ensuite on pourrait avoir une stabilisation des entrées et des sorties en réanimation ; c’est à dire qu’on évite la saturation des hôpitaux et ensuite on pourrait espérer une baisse », a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran sur BFMTV.

Mais le responsable politique s’est empressé de mettre un « bémol » : « dans quelques jours, il y aura la rentrée scolaire et actuellement il y aussi de nombreux Français qui étaient en vacances dans les régions du Sud et du Sud-Ouest où il y a la plus forte circulation du virus, qui vont retourner dans des régions qui ont été peu touchées par la 4e vague, c’est pourquoi il faut être extrêmement vigilant ».

Selon M. Véran, « l’impact de la vaccination », « l’impact du pass sanitaire » et « notre capacité à tester les Français » permettent toutefois « de regarder devant nous avec moins d’inquiétude qu’il y a un mois avant que les Français ne partent en vacances ».

Le nombre d’hospitalisations est toujours important avec 11.007 patients (10.651 dimanche, 10.463 samedi), dont 943 en 24 heures. Avec 108 décès en 24 heures, le nombre de morts atteint désormais les 113.480 depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

Depuis près d’un mois, la courbe des hospitalisations liées au Covid est remontée. La situation est particulièrement préoccupante en Outremer. En Guadeloupe et Martinique, « les hôpitaux sont pleins à craquer, on voit la différence entre un territoire vacciné (la métropole, ndlr) et un qui ne l’est pas », a déploré M. Véran.

 

La France devra-t-elle reconfiner à l’automne ?

« Pour l’instant nous avons échappé à reconfinement pendant l’été. Ce qui n’est pas le cas de tous les pays. Je suis confiant », a conclu Olivier Véran, tout en rappelant tous les « si » qui vont avec une telle déclaration, comme par exemple qu’un nouveau variant ne fasse pas son apparition.

 

Marc ALEXANDRE

C’est un ancien journaliste de presse nationale et internationale. Il est spécialisé dans les articles d’actualités générales. Marc Alexandre est un expert des questions internationales.